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Dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler "une prise en charge" en établissement éducatif pour adolescents dits "difficiles", comment penser une pratique qui prendrait en compte l'adolescent en tant que sujet ?

Le social, aujourd'hui, propose un lien débarrassé du transfert, un lien de transparence, un lien sans symptôme, allégé de l'opacité inhérente à toute position subjective.

Ainsi, lorsqu'un adolescent énonce ses difficultés à vivre, elles ne sont pas considérées comme inhérentes à la structure du "parlêtre".

A ces difficultés, le social (de plus en plus scientiste) peut remédier par divers moyens dont "la prise en charge éducative". Prise en charge, projet, contrat, règles de vie, balisent l'accompagnement éducatif de l'adolescent en vue de sa réinsertion sociale.

L'institution éducative se fait, souvent, le bras de l'institution sociale et juridique ; un bras qui sait et propose réponses et recettes, en miroir aux tentatives héroïques de nos adolescents.
Savoir qui se veut relationnel et de parole : une parole qui relève de la communication et de l'information et qui éradique le réel sexuel. Mais nous avons beau faire, beau dire, c'est à l'Autre que les adolescents ont à faire.

Les adolescents nous font savoir par leur passage à l'acte, fugue, tentative de suicide que le désir persiste.
Et c'est du lieu de nos échecs, échecs connus de tous, échecs pourtant rarement analysés, rarement dits, si ce n'est dans les dépressions institutionnelles.

Le faire savoir, ce serait "trop" comme disent les adolescents. C'est pourtant de ce lieu de l'échec des prises en charge imaginaires, de ces tentatives de relations en miroir, qu'un travail reste possible en institution.

C'est en nous décidant à prendre en compte ce qui résiste à ces prises en charge et persiste à témoigner d'une répétition signifiante chez l'adolescent qu'une parole est possible.
Une parole qui prend en compte les difficultés des adolescents du lieu de nos propres difficultés et qui situe la différence entre nous-mêmes et les adolescents dans la manière que nous avons de les aborder autrement qu'ils ne le font, autrement qu'à nous y laisser une autre manière de parler que la leur et que nous voulons bien leur laisser entendre une parole divisée. Une manière de leur parler, non pas "vraiment", mais autrement. Une manière de dire qui laisse une place à l'envie qui pourrait venir à un adolescent de nous parler. Une manière d'écouter pour que l'adolescent puisse s'entendre sans se faire peur.

Il nous semble donc, quoi qu'il en soit de l'éducatif et de ses propositions de prise en charge qu'il reste à ceux qui travaillent en institution la responsabilité qui consiste à prendre en compte que parler, c'est parler à quelqu'un et cet Autre auquel s'adresse l'adolescent est à repérer dans la place à laquelle il nous convie.

Enfin, que serait un travail social qui exclurait de la rencontre le transfert ?

 

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