Nous nous trouvons dans un contexte social où la loi consumériste fonctionne semble-t-il à plein rendement, les objets de consommation offerts à notre jouissance et produits par le « discours technoscientifique » sont de plus en plus nombreux et viennent métonymiquement se substituer à cet objet perdu, condition de notre subjectivité, d'une manière qui apparaît de plus en plus accélérée au point où nous avons l'impression d'en perdre la tête!

Parmi les fréquentes critiques faites à la psychanalyse, deux lui reviennent, plus particulièrement des neuro-sciences, à savoir que la psychanalyse ne prendrait pas en compte l'organique, le corps, et d'autre part qu'elle n'aurait pas le souci du thérapeutique ni de la souffrance des patients. Ces critiques, fondées sur une certaine conception du soin, dans laquelle le corps, le biologique, occupe une position centrale, ignore le plus souvent la place que la psychanalyse donne au corps, comment elle prend en compte la souffrance de ceux qui s'engagent dans une cure psychanalytique, et la voie qu'elle leur propose pour s'en dégager.

L'écriture, et ses supports, est une invention que l'on peut dater, repérer, interpréter dans ses différentes modalités ; c'est aussi une aventure individuelle, à chaque fois recommencée. Il est intéressant, pour une psychanalyste de penser une confrontation entre des évènements historiques et sociaux et les événements singuliers, auxquels les analysants, qu'ils soient enfants ou adultes, ont affaire dans leur propre histoire : chacun n'est-il pas amené à marcher dans les pas de ceux qui l'ont précédé, et à franchir à nouveau les étapes qui furent celles de l'humanité pour inventer les signes magiques de l'écriture ?

Notre monde, notre société, manque de générosité ! Lorsque cette plainte surgit, elle précède de peu l'invitation à un renchérissement du côté de la justice et de la solidarité, et donc à en remettre un peu plus au pot, à en rajouter du côté d'une oblativité qui a bien un effet sur notre malaise social, mais qui n'est pas tant de réduction que de déplacement, ne serait-ce que parce que le don solidaire n'est jamais considéré comme le bon. Cette insatisfaction qu'il génère ignore superbement la richesse du don. Prenons cette formulation, plutôt inattendue, de Lacan, « L'amour, c'est donner ce qu'on n'a pas. » Voilà qui nous déplace autant sur ce que nous croyons savoir de l'amour, que sur ce que les verbes donner et avoir signifient.

La pudeur est cette sorte de discrétion, de retenue, de modestie qui empêche de dire, d'entendre ou de faire certaines choses sans embarras.

Je partirai de la remarque suivante : pourquoi nous heurtons-nous parfois, avec les enfants, à une absence de pudeur - tant dans le discours des parents que dans la gestuelle entre l'enfant et ses parents ? Qui ne s'est trouvé, dans sa pratique clinique, confronté lors des premiers entretiens à l'attitude pudibonde dans le discours de l'enfant alors que dans le même temps il s'accrochait à la jambe de sa mère dans une activité des plus intimes ?
Nous avons souvent pu soutenir qu'il s'agissait parfois, dans les premiers temps, de faire advenir chez les tous jeunes enfants quelque chose qui pourrait s'apparenter au surmoi, voire qui ressemblerait à du refoulement. Mais pourquoi au surmoi : s'agit-il d'analyse, d'éducation ou bien encore de pédagogie ?

Journées de Reims - 24 et 25 septembre 2005

C'est avec le fonctionnement pulsionnel que je peux aborder cette question, puisque ce fonctionnement articule dans le troisième temps du circuit pulsionnel, jouissance et sujet.
Lorsqu'on lit Lacan dans le séminaire XI sur le circuit pulsionnel à partir de ce que dit Freud, l'accent est mis sur le « se faire », se faire objet pour l'Autre qui, de ce fait, devient sujet d'une adresse, d'une offre. Ce troisième temps est en fait, et c'est ce qui le différencie des deux autres, entièrement relationnel, c'est-à-dire qu'il est adressé à l'Autre dans un registre qui déjà opère une sorte de nouage Réel, Symbolique et Imaginaire ; une sorte, parce que ce nouage-là n'est pas encore articulé par l'enfant lui-même.

Journées de Milan - 17 et 18 septembre 2005

La psychanalyse essaye de mettre un peu d'ordre en ce qui concerne les rapports de l'un et l'autre sexe. Pour rendre maniable, articulable, ce à quoi nous avons affaire, Lacan va donner à cette articulation une référence logique. Pendant plusieurs années il va élaborer dans son séminaire ce que l'on appelle le tableau de la sexuation qui sont les formules logiques de la sexuation. Elles cherchent à rendre compte logiquement d'une façon différente de désirer pour une femme et pour un homme Mais aujourd'hui, l'idéologie égalitaire pousse à ce qu'il y ait une symétrie dans les modes de subjectivation du désir.

Séminaire d'été - Paris - 27 au 30 août 2005

L'acte psychanalytique, séminaire de J. Lacan 1967-1968
Mon propos va partir d'une formulation qui m'a arrêté tout net dans ma lecture de ce séminaire, formulation qui est la suivante : « Qu'il y ait de l'inconscient veut dire qu'il y a du savoir sans sujet ». Cela m'a arrêté tout net, puisque j'ai pu comme beaucoup d'entre nous parler du sujet de l'inconscient, notion que cette formulation infléchit, voire même remet en cause.

Journées de Turin 21-22 mai 2005

La conception de la famille qui est entrée en crise en Occident a été modelée en bonne partie par le discours du christianisme. Celui-ci se revendique implicitement de la Bible pour soutenir un idéal de vie de couple et de famille. Que n'entend-on dire dans les églises le dimanche qui suit Noël, dimanche dit « de la sainte famille » ?
Pourtant, les récits bibliques où la famille est racontée, en particulier dans la Genèse, n'ont rien d'une description idyllique. Ils racontent plutôt la réalité, dans des récits stylisés où certains traits ressortent avec force.

Journées de Turin 21-22 mai 2005

Les transformations que la famille a subies durant ces dernières décennies — séparations, divorces, familles de fait, familles monoparentales, procréation médicale assistée, pour n'en citer que quelques unes — sont au vu de tout le monde et suscitent des attitudes opposées : d'une part, on réclame une libéralisation encore plus ample de la famille, et d'autre part on déplore la perte des valeurs que la famille incarnait et l'on regrette celle du « bon vieux temps ».

Journées de Turin 21-22 mai 2005

Tout ce que j'ai pu entendre dans le cadre de mon travail avec les jeunes ou les parents de familles « normales » est une source de références pour cette réflexion sur la famille. Les transformations les plus frappantes de la famille risquent en effet non pas de faciliter mais de rendre difficile la compréhension des phénomènes de mutation en cours, dont nous ne percevons, de notre point de vue, que la face la plus obscure, à savoir celle d'un symptôme fait de mal-être et de souffrance.

Le CPIJ, Centre de Psychiatrie Infanto Juvénile, situé au sein de l’hôpital de Saint Laurent du Pont tout près du monastère de la Grande Chartreuse est un service d’hospitalisation psychiatrique recevant des jeunes autistes et psychotiques lorsque ceux-ci ne peuvent plus rester dans leurs familles ou dans les institutions qui les reçoivent du fait de l’aggravation de leurs troubles et de leur comportement. Ils viennent donc d’hôpitaux de jour ou d’IME de la région.