Exposé à Briançon, Conférences d’introduction à la psychanalyse en mars 2017

Alors pour commencer, je voudrais vous dire que mon titre n’a absolument pas une volonté de provocation ou de polémique, il ne s’agit pas d’infirmer ce que Freud a essayé de défendre, mais plutôt, et c’est un des axes de ce travail, d’essayer à la fois de vous permettre de prendre la mesure des avancés lacaniennes sur la question de la pratique analytique, mais aussi d’essayer de vous faire entendre que la formule lacanienne « C’est à vous d’être lacaniens, si vous voulez. Moi, je suis freudien. » (Séminaire de Caracas, 1980), est vraiment à prendre au pied de la lettre, c’est-à-dire que la fidélité de Lacan vis-à-vis de l’inventeur de la psychanalyse est une réalité et plus je lis Freud, plus je prends la mesure de ceci. J’espère que cet exposé va témoigner de la façon dont Lacan a su vivifier et enrichir la théorie freudienne et notamment dans le champ de la praxis, comme je vais essayer de vous le faire entendre ce soir.

S’il n’existe pas de théorie lacanienne mais des formalisations, sans cesse repoussées, remises sur le travail par Lacan dans ses séminaires, il existe une théorie freudienne du psychisme au même titre qu’il a posé le cadre d’une technique analytique. Néanmoins, du fait de l’objet qui anime la psychanalyse, l’inconscient, du fait du dispositif de la cure elle-même, l’association libre, toute volonté de standardiser la cure contrevient à son objet même et cela, est présent chez Freud lui-même. Mais Freud, j’insiste, était aussi pris par une volonté de faire école et d’être crédible comme scientifique, il lui fallait donc formaliser un certain nombre de choses.

Exposé Fait à Gap le 20 Avril 2015 dans le cadre des Conférences d’introduction à la psychanalyse

(…) En quoi la psychanalyse serait-elle autorisée à parler du narcissisme ? Après tout, le concept n’est pas freudien et le narcissisme ne se présente pas comme une pathologie à traiter, mais plutôt comme un trait du cas, et qui peut d’ailleurs se réclamer de n’en n’avoir pas ? On pourrait même penser que son absence totale peut être un handicap. Le narcissisme, lorsqu’il est aujourd’hui critiqué, est accolé à un autre terme, celui de pervers ; « Pervers narcissique » étant le terme soit disant scientifique pour désigner aujourd’hui celui que l’on soupçonne de jouir de son pouvoir.

Pour avancer sur cette question, on va partir du mythe grec auquel Freud fait référence, ce mythe, on le trouve chez plusieurs auteurs (Plotin, Pausanias, Pline…), mais la version la plus connue est celle d’Ovide dans les Métamorphoses. Narcisse fils d’une nymphe et d’un fleuve est parti chasser, il est fourbu, il va alors se reposer. Il arrive près d’une mare qui possède une caractéristique, c’est qu’elle est vierge de toute intrusion, rien ne l’a jamais troublé, même pas une branche. Narcisse se penche au-dessus de la mare pour y boire et là, ce qu’il voit il ne le reconnaît pas, dans son reflet il voit un autre et il en tombe amoureux, « il est dupe » dit Ovide. Soudain il se rend compte que c’est lui, il est sidéré et il brule d’amour pour lui-même. C’est le déchirement, parce qu’en réalisant cela il réalise qu’il ne pourra jamais séparer cette image de son corps pour l’aimer et faire du deux, ne pouvant faire du deux il fera alors du UN dans la mort, il se transformera en fleur, le narcisse.

Année 2017

Grenoble
La clinique psychanalytique est née avec la découverte par Freud de ce qu’il a nommé les formations de l’inconscient, soit les effets du langage et de la parole sur les parlêtres que nous sommes. Lacan, lecteur attentif de Freud, a poursuivi ce travail avec des avancées toujours vives, et à notre tour nous sommes engagés au sein de l'ALI dans cette prise en compte de la portée de l’inconscient.
L’introduction à la psychanalyse s’adresse à quiconque se trouve questionné par ses effets et le savoir qui s’en dégage, au travers de conférences assurées par des collègues membres de l’ALI, et de lectures en petits groupes. 
Nous poursuivons cette année l'étude de l’hystérie. Ce choix témoigne du désir de prendre appui sur les textes freudiens,  d’en repérer les conséquences, que ce soit individuellement ou collectivement, et d’en faire une lecture en lien avec les formes actuelles de l'hystérie.
Les conférences de l'Introduction à la Psychanalyse reprendront en janvier et nous travaillerons avec le texte de Freud Dora, qui se trouve dans les Cinq psychanalyses. Les groupes de lecture qui s'articulent aux conférences reprendront également, et les dates de rencontre seront communiquées lors de la première conférence. Il est également possible de constituer des cartels. Une présentation de ce qu'est un cartel sera faite à ce moment-là.

Dates : un jeudi par mois à 19h
Lieu : Grande salle de l’ALI Rhône-Alpes, 6 cours Jean Jaurès, Grenoble

Le calendrier des conférences est le suivant:

19 janvier 2017 : Françoise Rey, Dora et la question du féminin

23 mars 2017 : Élisabeth Chrysanthou, Burn out, un symptôme fait objection au discours social

6 avril 2017 : Pierre Arel, Destins de la misère hystérique

18 mai 2017 : Paula Cacciali, L’hystérie chez les petites filles aujourd’hui, et la question de la complaisance somatique

1er juin 2017 : Karine Poncet Montange, Dora et l’effraction du sexuel

Pour une première inscription à l'introduction à la psychanalyse, ou pour confirmer votre inscription, joindre Dominique Janin-Duc (04 76 51 65 21)

Tarif : 50€ pour la seule inscription aux conférences de l’IP.
Sinon les conférences font partie de l’accès à l’enseignement de l’ALI pour les personnes ayant acquitté leur droit d’inscription de 80€.
Le règlement est à adresser au trésorier Nicolas Laurent, 11 rue Charles Péguy, 38100 Grenoble. Chèque libellé à l’ordre de l’ALI Rhône-Alpes