Que nous apprennent les psychoses de notre rapport à l’inconscient ?

Journées ALI des 8 et 9 février 2014

Dans les psychoses, Lacan nous dit : « L’inconscient est là mais ça ne fonctionne pas, c’est-à-dire que le fait qu’il soit là ne comporte par lui-même aucune résolution… mais une inertie spéciale. » Il ne fonctionne pas pour organiser, dialectiser les échanges avec l’autre, mais il est bien là, « à ciel ouvert », exposant avec crudité parfois les grandes thématiques inconscientes, le sexe, l’agressivité et la mort. Il s’autonomise, dans le dévidage absurde des pensées de l’automatisme mental, dans le redoublement infini des voix hallucinatoires, et il libère ainsi l’imaginaire qui se fragmente ou au contraire se fige dans une signification fixe. Le réel lui-même s’en trouve délié. Ce que nous appelons folie, psychose, a toujours à voir avec une déliaison de ces trois instances.

Si l’automatisme mental et son cortège hallucinatoire a pour conséquence une désocialisation de celui qui en est la proie, ce dernier tente souvent d’en faire savoir quelque chose en s’adressant à l’autre, que ce soit par la parole ou par le truchement d’écrits. Le recueil du texte et du trajet du signifiant et de la lettre qui circulent dans les automatismes mentaux et les hallucinations est ainsi indispensable et permet au clinicien attentif de découvrir ce savoir inconscient qui nous étonne régulièrement par sa fulgurance et sa pertinence, tout autant que par l’incapacité qu’a le porteur d’en faire usage pour lui-même.

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