Introduction :

J‘ai intitulé mon intervention de ce soir : La vérité du délire.

Pour introduire mon propos, je commencerai par dire que j’ai pris quelques libertés. Cela arrive parfois. Oh ! pas énormes non plus, je vous rassure. Si le Dr Pierre Arel vous a parlé en réordonnant cliniquement les premières pages du texte de Freud sur Schreber, vous donnant certaines indications précises de lecture que vous pouvez poursuivre de votre propre chef, je suis de mon côté directement retourné au texte de Schreber lui-même, pour vous en indiquer d’autres. Je ne dépasserai pas les premières pages, tant leur densité est immense. Donc me voici en train d’essayer de vous parler de la psychose autrement – en particulier en ouvrant pour vous la porte de La vérité définitive que le délire recèle.

Introduction

1895 : Freud rédige l’Entwurf, autrement dit l’Esquisse, dans une adresse transférentielle à Fliess. Ce qui n’est pas indifférent du tout. Il s’agit de l’un des textes de lui que l’on devrait préférer à tous les autres et qui, pourtant, est régulièrement négligé car systématiquement mis de côté comme une archaïque erreur de jeunesse.

Or, la bêtise foncière est de croire qu’il s’agit d’un écrit de neurologue ou de physiologiste. Erreur. Grossière défense pour ne pas entendre de quoi il retourne. Un exemple ? Je cite un bref passage : « La mémoire serait représentée par les différences de frayage (Das Gedächtnisseidargestelltdurch die Unterschiede) » (1), ce que Lacan s’empressera de reprendre à son compte pour définir en quoi réside l’efficace de la fonction du signifiant, comme non pas liée, en effet, à son sens ou à sa signification, mais à sa pure différence d’avec tous les autres. Rappelez-vous la première fois qu’il l’énonce : « Ce qui distingue le signifiant, c’est seulement d’être ce que tous les autres ne sont pas » (2). Ainsi, les neurones dont Freud nous parle ne sont que des métaphores de signifiants, de réseaux et de chaînes tels qu’ils organisent la subjectivité et aussi l’inconscient. Il tente donc par ce texte princeps d’en définir la logique, en une écriture non dénuée de saveur. La question fondamentale de la différenciation à propos des supposés neurones, et qui nous oriente d’emblée dans le champ de la langue et du langage, se réitère d’ailleurs plusieurs fois à d’autres moments clefs de son texte (3).

Conférence donnée à Briançon le 16 février 2018 dans le cadre des conférences d’introduction à la psychanalyse

Lorsque Marie-Noëlle m’a proposé d’intervenir ici cette année, assez rapidement m’est venue l’idée de traiter de la parole et du langage, c’est-à-dire des conséquences que cette condition d’être parlant a sur la subjectivité humaine, conséquences qui dépassent de beaucoup le seul fait de communiquer par la parole. Si un psychanalyste est tout indiqué pour aborder la question du langage et de la parole, c’est parce que la pratique analytique implique que l’analyste soit au plus près de celle de son patient. La raison de ce respect est simple : la parole est le seul moyen par lequel un sujet peut faire entendre la vérité de son désir

Je vais faire part d’un accompagnement thérapeutique de presque deux ans avec un enfant qui avait, lorsque j’ai commencé à le voir, 5 ans. Ce suivi s’est déroulé à deux endroits, la première année dans un CMP enfants, la seconde année à mon cabinet.

…en tout cas, pourquoi est-ce que je dois vous parler ? Et je dois là-dessus simplement vous avertir, vous dire, que c’est pour une raison simple et qui est que, si je suis habituellement confiné dans un milieu de spécialistes parmi lesquels je passe mon temps, et mes échanges et mes bavardages, eh bien il m’importe de savoir ce qui peut s’échanger entre citoyens et qui n’appartient pas forcément à la pensée préinscrite, préformée, pré-correcte ; et il me semble, il m’a semblé que la ville de Sainte-Tulle, du fait de son histoire, était particulièrement disposée justement à venir vérifier, tester ce qu’il est possible d’échanger entre citoyens, puisque comme vous le savez, on ne peut pas penser seul, on ne peut penser qu’avec une adresse, et donc éventuellement avec une réponse, qu’elle soit favorable ou contradictoire, peu importe, mais en tout cas ça n’est jamais que dans le dialogue que nous pouvons penser quelque chose.

En ce qui me concerne encore – vous voyez je commence par parler de moi – d’où est-ce que m’est venu cette pensée pour vous proposer un tel titre : Pense-t-on avec son cerveau ? À moi, d’où est-ce que ça a bien pu me venir ? Est-ce que c’est venu justement de mon cerveau ? Est-ce que c’est venu de mes tripes ?

Ce soir je vais vous parler de Dora et de l’effraction du sexuel. Il me semble qu’il y a déjà eu quelques conférences sur ce texte. Je vous suppose connaître le texte de Freud et même de bien le connaître.

Pour ma part, ce soir, j’ai fait le choix de vous parler de la clinique avec les adolescents et peut-être plus particulièrement avec les adolescentes, et je reprendrai certains moments de la cure de Dora pour étayer ce que j’avais envie de vous dire. Autrement dit, je vais laisser un peu de côté la question de l’hystérie bien que nous savons — et il me semble que Françoise Rey l’a rappelé — que la frontière entre une position féminine — je n’ai pas dit LA position mais une position — et l’hystérie est très ténue, nécessitant sans cesse d’être dialectisée.

Il est légitime de se poser la question si Freud n’avait pas justement sous-estimé l’adolescence de Dora. D’ailleurs C. Melman pourra dire que Dora n’était pas prête à recevoir l’interprétation de Freud quand il lui dit qu’elle est amoureuse de Monsieur K. Alors on peut se poser la question : ça veut dire quoi « être prête » ? De quoi s’agit-il au fond ? En tout cas cette formulation a le mérite de faire entendre qu’on ne naît pas homme ou femme, mais qu’on le devient, chacun ayant à faire un parcours afin de trouver les assises nécessaires pour venir prendre place sur la scène de notre monde.

ImageChrysanthou

Je vais vous parler de la structure des discours, en privilégiant le discours du Maître, qui est l’écriture de la constitution du sujet parlant, et le discours de l’Hystérique qui permet de dégager des faits de structure. Mon propos ce soir est d’apporter un certain éclairage sur ce symptôme nouvellement nommé dans le social : le burn-out.

Lacan dans son séminaire L’envers de la psychanalyse parle de la nécessité du discours, le discours est une structure nécessaire. Un discours ordonne une forme de lien social pour les parlêtres.

Un discours est une organisation, ou une structure langagière spécifique de la relation fondamentale, celle définie d’un signifiant à un autre signifiant, relation fondamentale d’où résulte l’émergence du sujet. C’est pour cela qu’on dit que le sujet est un parlêtre.

Je vous propose ce soir de parler des destins de la misère hystérique. Ce qui mérite — ce titre — quelques explications préliminaires.

Vous savez que Freud termine ses Études sur l’hystérie en s’interrogeant sur les possibilités qu’aurait la psychanalyse de dévier le destin des hystériques et si, en particulier, elle pourrait leur faire abandonner leur misère exceptionnelle pour un malheur banal ? Est-ce que la psychanalyse par le déchiffrage qu’elle permet désormais des symptômes hystériques — là je parle des questions qui se posaient à Freud à la fin de ses Études sur l’hystérie — est-ce que ce déchiffrage peut infléchir le cours pathologique de ces symptômes qui en rajoutent beaucoup aux tourments ordinaires de la vie ? Questions donc que Freud se posait à l’orée du XXe siècle.

Exposé à Briançon, Conférences d’introduction à la psychanalyse en mars 2017

Alors pour commencer, je voudrais vous dire que mon titre n’a absolument pas une volonté de provocation ou de polémique, il ne s’agit pas d’infirmer ce que Freud a essayé de défendre, mais plutôt, et c’est un des axes de ce travail, d’essayer à la fois de vous permettre de prendre la mesure des avancés lacaniennes sur la question de la pratique analytique, mais aussi d’essayer de vous faire entendre que la formule lacanienne « C’est à vous d’être lacaniens, si vous voulez. Moi, je suis freudien. » (Séminaire de Caracas, 1980), est vraiment à prendre au pied de la lettre, c’est-à-dire que la fidélité de Lacan vis-à-vis de l’inventeur de la psychanalyse est une réalité et plus je lis Freud, plus je prends la mesure de ceci. J’espère que cet exposé va témoigner de la façon dont Lacan a su vivifier et enrichir la théorie freudienne et notamment dans le champ de la praxis, comme je vais essayer de vous le faire entendre ce soir.

S’il n’existe pas de théorie lacanienne mais des formalisations, sans cesse repoussées, remises sur le travail par Lacan dans ses séminaires, il existe une théorie freudienne du psychisme au même titre qu’il a posé le cadre d’une technique analytique. Néanmoins, du fait de l’objet qui anime la psychanalyse, l’inconscient, du fait du dispositif de la cure elle-même, l’association libre, toute volonté de standardiser la cure contrevient à son objet même et cela, est présent chez Freud lui-même. Mais Freud, j’insiste, était aussi pris par une volonté de faire école et d’être crédible comme scientifique, il lui fallait donc formaliser un certain nombre de choses.

Quelle créativité dans la cour de récréation ! Le nouveau jeu en vogue, entre enfants, c’est « le harceleur ». Il faut être trois : un harceleur, un harcelé, et un sauveur/médiateur qui fait en sorte que cela s’arrange, plus ou moins diplomatiquement selon son style. Parfois il n’y parvient pas, il arrive que cela dégénère quelque peu.

On ne joue plus à « papa-maman ». Mais quelle inventivité pour déjouer les pièges de la bien-pensance académique qui enjoint aux enseignants d’exposer dans chaque classe les rouages et les risques du harcèlement scolaire. Il faut que tout leur soit dit, posé sur la table explicitement au nom de la prévention. On ne compte pas sur la sagacité des adultes ni sur la confiance que leur accordent les enfants. On ne compte pas sur le transfert. Le harcèlement, ce n’est pas évoqué, c’est décrit. Pas de semblant. On parle de la réalité du harcèlement en tant que situation. Il n’y a pas de référence morale, éthique, citoyenne (sauf à l’initiative de l’enseignant). C’est l’acte qui est commenté dans une invite à l’empathie victimaire de bon aloi. C’est d’ailleurs bien entendu par les enfants puisqu’ils se mettent en jeu, dans le champ imaginaire pour amortir les effets du traumatisme.

Exposé Fait à Gap le 20 Avril 2015 dans le cadre des Conférences d’introduction à la psychanalyse

(…) En quoi la psychanalyse serait-elle autorisée à parler du narcissisme ? Après tout, le concept n’est pas freudien et le narcissisme ne se présente pas comme une pathologie à traiter, mais plutôt comme un trait du cas, et qui peut d’ailleurs se réclamer de n’en n’avoir pas ? On pourrait même penser que son absence totale peut être un handicap. Le narcissisme, lorsqu’il est aujourd’hui critiqué, est accolé à un autre terme, celui de pervers ; « Pervers narcissique » étant le terme soit disant scientifique pour désigner aujourd’hui celui que l’on soupçonne de jouir de son pouvoir.

Pour avancer sur cette question, on va partir du mythe grec auquel Freud fait référence, ce mythe, on le trouve chez plusieurs auteurs (Plotin, Pausanias, Pline…), mais la version la plus connue est celle d’Ovide dans les Métamorphoses. Narcisse fils d’une nymphe et d’un fleuve est parti chasser, il est fourbu, il va alors se reposer. Il arrive près d’une mare qui possède une caractéristique, c’est qu’elle est vierge de toute intrusion, rien ne l’a jamais troublé, même pas une branche. Narcisse se penche au-dessus de la mare pour y boire et là, ce qu’il voit il ne le reconnaît pas, dans son reflet il voit un autre et il en tombe amoureux, « il est dupe » dit Ovide. Soudain il se rend compte que c’est lui, il est sidéré et il brule d’amour pour lui-même. C’est le déchirement, parce qu’en réalisant cela il réalise qu’il ne pourra jamais séparer cette image de son corps pour l’aimer et faire du deux, ne pouvant faire du deux il fera alors du UN dans la mort, il se transformera en fleur, le narcisse.

Introduction à la psychanalyse à propos de l'hystérie

J’ai pris le parti de vous parler du dernier chapitre de cet ouvrage publié par Freud qui s’intitule Etudes sur l’Hystérie. En fait, il faut bien savoir au départ que dans cette lecture que j’espère vous avez faite, vous assistez à la création de l’œuvre de Freud et à la création de la méthode analytique. C’est l’intérêt de ce chapitre rédigé par Freud. Vous avez pu remarquer que l’ensemble n’a pas été publié primitivement, qu’il y avait un chapitre intitulé « Sur les mécanismes psychiques des phénomènes hystériques », lequel texte date de 1892, alors que le recueil que vous connaissez date de 1895. Les histoires cliniques des malades avaient été publiées ultérieurement séparément.

Introduction à la psychanalyse à propos de l'hystérie

Parmi les apports freudiens et les concepts qui se trouvent à l’œuvre dans ces Etudes sur l’Hystérie, je souhaite mettre l’accent ce soir sur celui de représentation.

La représentation, qui ouvre sur la question de la mémoire, de l’inscription des traces mnésiques, du lien avec le corps et les affects et avec la parole, me paraît centrale, et d’une actualité renouvelée, comme vous le verrez.

Dans leur introduction commune, Breuer et Freud écrivent : « A notre très grande surprise, nous découvrîmes en effet que chacun des symptômes hystériques disparaissait immédiatement et sans retour (la suite des traitements obligera Freud à revenir sur cette idée de sans retour) quand on réussissait à mettre en pleine lumière le souvenir de l’incident déclenchant, à éveiller l’affect lié à ce dernier, et quand, ensuite, le malade décrivait ce qui lui était arrivé de façon fort détaillée et en donnant à son émotion une expression verbale. Un souvenir dénué de  charge affective est presque toujours totalement inefficace. » (J’ajouterai : pour l’hystérie, car dans la névrose obsessionnelle, comme nous l’avons vu l’an dernier, cela ne se passe pas de la même manière du fait du mécanisme d’isolement.)

         Dans les institutions qui sont dédiées à la prise en charge d’enfants en difficulté, il semble que nous soyons tous aux prises avec des problèmes de mise en place d’un cadre opérant, tout au moins pour certains enfants. Ce n’est pas nouveau, on pourrait même dire, dans une certaine mesure, que c’est là l’essence même de notre travail dans ce type de structure : trouver un cadre dans lequel quelque chose puisse se dire pour un enfant, par ailleurs coincé dans ses angoisses, ses défenses, ses répétitions.

         Tout de même, lorsque nous échangeons entre collègues, nous partageons largement le même constat de difficulté. La plupart des structures éducatives ou soignantes que j’ai pu interroger indiquent qu’elles ont dû se résoudre à mettre en place de plus en plus de « temps individuels », selon la formule consacrée, pour prendre en charge malgré tout, ces enfants récalcitrants.

Le 12 décembre 2015 nous avons tenu une journée d’échange qui a été l’aboutissement de quatre années d’étude du séminaire de Charles Melman La névrose obsessionnelle.

Au terme de ce travail de lecture, nous pouvons avancer que la richesse de ce séminaire de Charles Melman nous a enseignées et ouvertes à de nouvelles questions tant à propos de la névrose obsessionnelle proprement dite, mais aussi sur son accointance avec ce social mené par le discours du capitaliste. Il nous a aussi permis d’avancer nos interrogations sur le versant féminin de cette névrose ou des symptômes qui en relèveraient.

D’autres groupes se sont également attelés à cette lecture et notamment à Chambéry.

Enfin, les conférences de l’introduction à la psychanalyse 2014-2015 portait sur la névrose obsessionnelle. L’homme aux rats (journal d’une analyse de Freud), et les apports du séminaire de Charles Melman constituaient les textes des groupes de lecture.

Alors s’il n’y a pas de dernier mot, une ponctuation à ces différents travaux nous a paru s’imposer. Exercice de mise en commun des questions qu’elles n’auront, pour chacun d’entre nous, pas manqué de susciter.

Les quelques textes que nous avons réunis dans ce dossier rendent compte des questions que leurs auteurs ont souhaité venir soumettre aux autres participants, supports d’échanges entre les différents protagonistes : les étudiants, les conférenciers qui ont bien voulu être discutants tout au long de cette journée, les animateurs des groupes de lectures pour l’initiation à la psychanalyse ; les personnes ayant participées aux différents groupes de travail sur ce thème, et tous ceux intéressés.

Il ne nous a pas été possible de reprendre la teneur des débats qui se sont engagés, cela est fort dommage d’autant plus ce cette journée fût une réussite tant du point de vue de la qualité du travail qui s’y est engagé que du défi de transmission qu’elle a relevée.

Nous en profitons pour remercier tous ceux qui y ont contribué et participé. Plus particulièrement parmi eux, nos remerciements s’adressent aux conférenciers de l’initiation à la psychanalyse sans qui cette journée n’aurait sans doute pas atteint aussi sérieusement ses objectifs.

Françoise Checa et Annie Delannoy

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Vous allez certainement entendre « tu es » autrement que ce que je l’ai écrit.

Qu’est-ce donc que la prière ? Pourquoi l’être humain prie ? La prière c’est tendance !

« Prier pour la terre », « Pray for Paris », « Priez pour moi ! », « Je vous en prie ! »

En travaillant sur le livre de l’homme aux rats j’ai été frappée par les prières qu’il composait et dont il parlait avec Freud.

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Je vous propose d’aborder le sujet de la haine dans la névrose obsessionnelle à partir de notre lecture du séminaire de Charles Melman, lecture enrichie de nos questionnements, de nos commentaires. Mon propos s’inaugure par une remarque issue de la vie quotidienne, à laquelle Melman nous invite à réfléchir dans les toutes premières leçons de son séminaire.

Voici, ce qu’il a entendu à la télévision « Mon père qui a 85 ans est solide comme un roc, Dieu merci ! ». Comment, dit-il, ne pas entendre ce merci adressé à Dieu comme une réponse explicite à un vœu de mort implicite. Car si ce vœu ne s’était pas présentifié, cette formule nous aurait nous-mêmes surpris, nous aurait paru superflue, incongrue. Ce que nous comprenons c’est que cette formule à valeur dénégative, du style « Surtout, surtout, n’y voyez pas, n’y entendez aucun vœu de mort, bien sûr ! » Cette formule à valeur dénégative exprimée par le locuteur était aussi attendue par l’auditoire, sinon, sans elle, il aurait flotté vraisemblablement un certain malaise dans l’assemblée. C’était donc aussi bien du côté du locuteur que du côté de l’auditoire, qu’était attendu ce « Dieu merci ! ».

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Dans le cadre de l’introduction à la psychanalyse, j’ai pu lire Le journal d’une analyse de Freud, celle de l’homme aux rats. Je ne connaissais pas cet ouvrage. Ces notes de Freud sont très intéressantes. Elle apporte une lecture singulière à la fois du cheminement de Freud dans sa théorie, dans sa technique notamment concernant la question du transfert qui va se déployer au fil des séances. J’ai également pu grâce aux conférences et au groupe de travail ainsi qu’à la lecture du séminaire de Charles Melman sur la névrose obsessionnelle, un peu mieux appréhender une lecture plus lacanienne de la névrose obsessionnelle. Celle-ci permet de se dégager d’une lecture seulement œdipienne du côté du roman familial d’Ernst Lanzer et d’aborder la question du signifiant dans la cure et la logique particulière de la pensée obsessionnelle.

Avec L’homme aux rats, Freud va travailler la question du transfert à travers ses notes durant la cure, notes qui seront publiées dans Le journal d’une analyse. A contrario, dans l’analyse de Dora où Freud ne prendra pas la mesure du transfert de son analysante, son insistance aboutira à l’arrêt de la cure. Ces notes de Freud prises après les séances, nous permettent d’être un peu avec Freud et son patient et d’entendre ce qui se passe pour l’analyste et l’analysant.

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Je me suis posé la question de la filiation dans la névrose obsessionnelle et je vais tenter de vous présenter comment Charles Melman avance sur cette question au long de son séminaire de 1987-1988 et 1988-1989.

Charles Melman nous dit que la névrose est ce qui arrive à un sujet qui se défend contre la castration. Le choix de la névrose, n’est pas une question d’anatomie, différemment de ce que Freud a pu suggérer : il est donc tout à fait légitime de reprendre que la castration ne se présente pas de la même manière pour le petit garçon et la petite fille ; dans le cas du petit garçon, c’est celle de la mère qu’il refuse, contre laquelle il s’insurge, parce que c’est dans l’Autre d’abord que le petit névrosé veut colmater la castration. Chez le garçon, c’est dans la mesure où il défend sa mère contre ce destin qu’il devient un obsédé. Alors que chez la petite fille à vocation hystérique, c’est la castration du père mort qui est refusée, du père symbolique.

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Comme cela a été dit une des questions de départ est celle de l’électivité de cette névrose quant au sexe. Si on en connaît l’électivité masculine, nos questions au départ de ce groupe de travail venaient interroger cette électivité du fait d’une recrudescence dans la clinique de femmes ou de petites filles semblant organiser leur rapport au monde sur un mode obsessionnel.

J’ai donc souhaité reprendre cette question à partir de mon étonnement : dans le séminaire de Charles Melman se pose peu la question de cette symptomatologie rapportée aux femmes.

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Si nous partons de la dissymétrie des deux champs déterminés par l’instance phallique, c’est-à-dire un champ situé côté mâle, tout phallique et l’autre côté femme, pas-tout phallique, espace infini bordé par le phallus d’un côté et ouvert de l’autre, S1 d’un côté et S2 de l’autre pour faire vite, avec entre les deux cet incommensurable, ce hiatus du Réel impossible à symboliser, la névrose obsessionnelle, nous dit Charles Melman, tendra et tiendra à se situer ni d’un côté ni de l’autre mais essaiera de tenir ensemble les deux, S1 et S2.

Aussi sa position sexuée est bien ambiguë dans le fait de non vouloir renoncer à l’objet a relatif au côté femme. De plus, sa tentative d’annulation de l’instance phallique, (Charles Melman parle même de forclusion) en y substituant l’objet anal ne peut qu’obscurcir sa position sexuée, instance revenant du Réel sous forme injonctive (et non dans le Réel comme dans la psychose) et directe (non inversée) qui va se négativer dans un deuxième temps (Ne pas rendre les trois florins…)

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

J’ai choisi d’axer mon propos sur la question de l’objet et de son lien avec corps dans la névrose obsessionnelle. Quelle est la nature de cet objet ?

Signifiant présent d’emblée dans le texte de Freud relatant la cure de son patient, l’homme aux rats : c’est la perte d’un objet qui va déclencher les symptômes obsessionnels, le lorgnon.

Signifiant qui se décline différemment suivant ce qu’il désigne : perte apparemment occasionnelle nous dit Charles Melman d’un instrument qui n’est pas anodin puisqu’il est celui de la pulsion voyeuriste, pulsion qui comme nous le savons a tourmenté très tôt le petit Ernst. C’est donc l’objet regard qui apparaît là en ce début de cure.

Communication de la journée du 12 décembre 2015 re-tours sur la névrose obsessionnelle

Ce titre un peu provocateur qui peut sembler excessif tend à faire entendre une sorte de contexte social pouvant induire des troubles chez des personnes qui auraient une prédisposition naturelle à l’obsessionalité. La question est donc : certains aspects modernes de la gestion du travail vont-ils, si vous êtes prédisposé(e), vous mettre en position difficile ?

Dernièrement je me suis trouvé confronté à des patients compétents dans leur métier et devant parallèlement répondre à une organisation de leur travail faite par des outils informatiques.

Les deux pratiques étant par moments incompatibles, ils se trouvaient déstabilisés. Devant obéir à deux maîtres, leur devoir professionnel d’une part et l’obligation protocolaire émanant d’un logiciel. Ils ont vu alors leurs compétences mises en doute, se sont mis à hésiter entre plusieurs tâches à faire. Vu la sorte de procrastination dans laquelle ils étaient, ils ont vu leur efficacité au travail baisser et bien sûr, se sont mis à douter d’eux-mêmes, à avoir des troubles de l’humeur et à penser qu’ils ne valaient plus rien…

Comment est-il possible de dire que les manifestations psychosomatiques éclairent la manière dont le corps est pris dans la névrose obsessionnelle ?

Cela fait plusieurs séances que vous travaillez sur la question de la névrose obsessionnelle vous pouvez, déjà, en parcourir certains traits. J’ai choisi, compte tenu du travail que nous avons en route au niveau du CHU, et en référence avec les propositions de Charles Melman(1), de vous parler, à ce propos, de la manière dont le corps propre est pris dans cette névrose. Charles Melman apporte un éclairage tout à fait intéressant en ce qui concerne les manifestations, ou plutôt les phénomènes psychosomatiques. Je vais, donc, essayer de vous parler aujourd’hui de cette structure particulière, cette structure discursive. C’est-à-dire de la manière dont cela se dispose dans la demande et dans le désir, c’est-à-dire dans les lois du langage.

Conférence pour l'introduction à la psychanalyse

Je vais vous parler de la compulsion de répétition et de la pulsion de mort telles que Freud les repère dans Au-delà du principe de plaisir qui date de 1920. C’est une avancée majeure dans le travail de théorisation de Freud, comme toujours guidé par la clinique et les points de butée qu’il rencontre dans sa pratique, et c’est pour cela que ce texte nous intéresse et aussi parce que s’ouvre la question de quoi est fait l’inconscient. Avant Au-delà du principe de plaisir Freud avait mis en place ce que l’on appelle la première topique freudienne, dont le recueil de textes intitulé Métapsychologie de 1915. Je le reprendrai rapidement pour suivre le fil de l’élaboration freudienne.

Conférence pour l'introduction à la psychanalyse

J’ai choisi de vous proposer un parcours chronologique, historique, de la question du transfert et particulièrement du transfert dans l’analyse de Ernst Lanzer dit L’homme aux rats en suivant quelques éléments spécifiques du récit de la cure qui se trouve dans ce Journal d’une analyse. Cette cure débute le 1er octobre 1907, pour une durée de onze mois ; c’est la troisième cure pour Freud d’un patient obsessionnel, et elle sera un succès thérapeutique. Nous avons à travers ce Journal, le relevé méthodique — c’est en fait un document extrêmement précieux, très vivant — des quatre premiers mois du traitement, où se trouvent articulés à la fois les dires du patient, le déroulement des séances, les élaborations et certaines interventions de Freud qu’il fait à cette occasion.

Conférence pour l'introduction à la psychanalyse

La mort est bien sûr une grande énigme de l’existence humaine, et pourtant nous ne pouvons pas en dire grand-chose puisqu’il faudrait l’avoir traversée pour en dire quelque chose. Donc de notre propre mort il est impossible d’en dire quelque chose.

Et aujourd’hui malgré les développements de la science, il est toujours difficile de dire quand quelqu’un est mort. On le voit dans l’actualité, vous avez pu voir l’affaire, je dis l’affaire, parce que c’est devenu une affaire, que pour Mr Lambert, la médecine dit « il est mort », le droit dit « il est mort » et il y a une vidéo qui dit « il n’est pas mort ». Après le jugement de la Cour européenne la famille a fait une vidéo, où il y avait des manifestations de cet homme, et la famille dit : « alors il n’est pas mort », donc elle va faire appel. N’allons pas plus loin, mais contrairement à ce que l’on pourrait naturellement penser, il est difficile aujourd’hui de dire quand quelqu’un est mort. Dans ces comas prolongés, la décision est souvent difficile.

Conférence pour l'introduction à la psychanalyse

Introduction

Comme vous avez pu lire attentivement, j’espère, le cas de l’Homme aux Rats de Freud autour duquel tourne l’ensemble des interventions de cette année pour l’ICP, nous allons pouvoir entrer d’emblée très rapidement ce soir dans le vif de mon propos et essayer de faire un pas de plus avec vous, sur les questions de la particularité de la dimension de la dette, dans la névrose obsessionnelle.

Pour ce faire, j’ai dû croiser plusieurs sources, quatre textes de Freud exactement. Le cas de l’Homme aux Rats publié en français dans les Cinq Psychanalyses (PUF) ; le même texte publié à l’origine en allemand Bermerkungen über einen Fall von Zwangsneurose (Studienausgabe, Volume VII, S. Fischer) ; le même texte encore publié en anglais Notes upon a case of Obsessional Neurosis (Standard Edition of the Complete Psychological Work of Sigmund Freud, Vintage, The Hogarth Press, Volume X) et enfin en publication bilingue allemand/français L’Homme aux Rats, Journal d’une Analyse (PUF).

Conférence d'introduction à la psychanalyse 2014-2015

Je vous ai proposé, pour ce soir, ce titre du lien spécifique de l’angoisse avec l’idée de mort dans la névrose obsessionnelle. Évidemment, vous avez en première impression, sans doute, qu’il s’agit de manifestations communes de cette clinique de la névrose obsessionnelle. En fait ce qui est contenu dans le titre est bien la relation à la fois consciente et inconsciente qui existe dans la névrose obsessionnelle et qui est là, comme je vais essayer de vous l’expliciter, spécifique à la névrose obsessionnelle. Il faut savoir que cette clinique de la névrose obsessionnelle a été décrite par Freud d’une façon tout à fait magistrale pour la raison bien simple que cette pathologie est véritablement démonstrative de la manière dont elle est dictée par le signifiant. Dans la névrose hystérique c’est beaucoup plus masqué que dans la névrose obsessionnelle.

Conférence pour l'introduction à la psychanalyse

Une petite remarque préliminaire : je vais vous parler de la névrose obsessionnelle, et comme vous l’entendrez dans mon propos, j’en parlerai beaucoup plus comme la névrose obsessionnelle au masculin ; mon propos aurait mérité d’autres développements pour traduire un certain nombre de choses au féminin, sachant que — puisque nous travaillons plus particulièrement cette année sur l’observation de l’Homme aux rats — au temps de Freud la névrose obsessionnelle était beaucoup plus marquée du côté masculin. Il semblerait que là aussi il y ait une parité qui soit en cours d’effectuation. Et d’ailleurs je vous en dirai un petit mot de cet égalitarisme, mais néanmoins du coup vous pourrez corriger chaque fois, ou je le ferai, à certains moments sur ce point, que je parlerai plus particulièrement de la névrose obsessionnelle du côté masculin.

Le 3 décembre 1921, devant l’ultimatum du Premier ministre anglais, Lloyd George et la menace d’une guerre dans les trois jours, un Traité fut signé à Londres entre une délégation irlandaise et le gouvernement britannique.
Ce Traité a plusieurs significations. Ce n’est pas la peine de remonter jusqu’à 1541 quand Henry VIII a pris le titre de Roi d’Irlande ; en effet, l’Irlande faisait partie de la couronne anglaise depuis la conquête du pays au XIIe siècle. Mais, ce changement de titre a signifié une soumission totale aux lois de la couronne anglaise.
C’était il y a longtemps. Comme vous vous en doutez, je n’étais pas là à cette époque mais, et comme le dit James Joyce, « l’histoire est un cauchemar dont j’essaie de me réveiller » !
Mais ce Traité de 1921 me concerne directement ainsi que les personnes avec qui je travaille. Il concerne nous tous qui vivons en Irlande. Rappelons ce que dit Lacan : trois générations suffisent pour comprendre notre propre histoire.
Donc, pour être bref, la lutte a duré longtemps. Mais deux grandes guerres impliquant la Grande-Bretagne, la guerre des Boers à la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, ont profondément changé la politique irlandaise. La guerre des Boers a transformé une opinion irlandaise modérée en un mouvement d’anti-impérialisme et a ainsi produit une cause active contre le gouvernement. La Guerre de 14-18 en Europe a changé la politique irlandaise de façon radicale.

Ce texte d’Anne-Marie Dransart fut prononcé à Lyon le 24 septembre 2015, où elle avait été invitée à venir parler des cartels.
Elle y développe ce que Lacan a voulu en faire, dans quelles conditions il les a mis en place, leurs structures et les écueils qu’il a voulu éviter.
Elle rappelle que le travail produit à cette occasion reste trop confidentiel la plupart du temps.

 

Merci pour votre invitation, j’avais gardé le meilleur souvenir de ma précédente venue chez vous, dû bien sûr à l’université qui nous rassemble à l’initiative de Claude Rivet pas moins.

Je me disais que si nous étions aux États-Unis, il faudrait que je commence comme ça : « I love you ! » et comme vous êtes, comme ils le sont là-bas, c’est bien connu, très gentils, vous lèveriez les bras, balanceriez et vous diriez : « We love you, too ! », alors je serais rassuré évidemment.
Ceci, pour vous faire remarquer, partons de ceci : on comprend ça aux États-Unis, on comprend que dans une assemblée qui est forcément rendue disparate par son hétérogénéité et qui concerne aussi bien son origine, la langue, la couleur, la religion, le sexe, l’âge, l’éducation, la fortune, etc., on conçoit que pour pouvoir les rassembler autour d’un propos, pour que l’orateur puisse provisoirement constituer une sorte de famille car sinon il ne sera pas entendu, ce qu’il dira paraîtra injonctif mais nullement une adresse partagée, il faut créer artificiellement ce partage d’un trait commun qui en cette occurrence que je viens d’évoquer serait celui d’un amour, d’un trait d’amour qui, ne serait-ce que provisoirement, rassemblerait notre communauté et cela avec l’orateur lui-même.

En 1970, Lacan a développé sa thèse sur les quatre discours dans son séminaire L’envers de la psychanalyse. Mon propos de ce matin n’est pas de décrire ces discours ni leur spécificité où il y aurait beaucoup à dire, je ne me tiendrai qu’à l’essentiel qui est qu’un discours tient exclusivement à son Réel, à un Réel en général et que c’est ce réel-là qui constitue le point crucial du discours. Pour le dire encore autrement, le Réel est ce qui fonde le discours, de la même manière que le Réel en tant qu’impossible est au fondement de toute institution humaine et en tant que telle la parole est aussi une institution humaine dans la mesure où cette institution respecte les critères du parlêtre.

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Cette onzième leçon, très courte, commence abruptement par deux notions mathématiques, l’indécidable et le dénombrable, dont le rapport qu’elles entretiennent entre elles et avec le reste du texte n’est pas facile d’accès. Il s’avère pourtant que ces notions, interdépendantes, nous apportent des précisions importantes sur les relations dont il est question tout au long de ce séminaire entre le Réel et la vérité, entre le symptôme et l’inconscient, ou encore entre S1 et S2.

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Conférence de l'Introduction à la Clinique Psychanalytique  – 19 juin 2014

 

Eh bien écoutez, je vous propose de commencer sans plus attendre. Quelle drôle de question que la question que je pose ce soir, quelle drôle d’interrogation : pourquoi est-il si difficile de guérir de l’insatisfaction ? Il n’y a bien que les analystes pour poser des questions aussi saugrenues. Difficulté, guérir, insatisfaction, voilà trois termes qui viennent baliser notre champ d’entrée de jeu, et nous faire entendre que, sans doute, s’il est question de guérir de l’insatisfaction, c’est que l’insatisfaction est du côté du symptôme ou elle est du côté de quelque chose qui ne va pas, qui ne devrait pas être, en tout cas. Je trouve qu’autour de toutes ces questions, en général, règne une sorte de langue de bois. Et je ne sais pas comment vous faites pour supporter la langue de bois mais moi, de mon côté, je ne la supporte pas du tout ! La langue de bois a envahi notre champ, aussi bien journalistique, informatif, l’entreprise, il faut se comporter comme si, pas comme ça, etc., vous voyez bien que là, avec ce politiquement correct qui nous infiltre et qui infiltre jusqu’à nos écoles d’analyse et c’est bien là le problème. Nous entrons dans une forme de paranoïa. Le politiquement correct c’est la paranoïa instituée, c'est-à-dire une sorte de modèle autour duquel nous aurions tous à adhérer, tous penser de la même façon c'est-à-dire ne pas penser, tous parler de la même manière c'est-à-dire ne pas parler ! Comment pouvons-nous supporter une chose pareille ? De mon côté, je ne le supporte pas.

Les institutions de prise en charge des enfants, qu’elles aient une vocation soignante, éducative, pédagogique (type CATTP, IME ITEP, …) semblent converger vers le même constat : elles mettent en place de plus en plus souvent des dispositifs individuels. Elles sont pourtant bâties sur un modèle de prise en charge en petits groupes, bienveillants, pour des raisons tout à fait valables et qui ont fait leurs preuves. Ces choix reposent sur des notions comme l’appui identificatoire possible sur l’autre, la réassurance identitaire, la portance de la dynamique groupale, la possibilité pour l’adulte de s’adresser au groupe, etc. Beaucoup de choses ont été élaborées et écrites sur tous ces sujets.

C’est à partir de mes propres questions sur la fonction paternelle que j’ai souhaité ce groupe de travail. Un groupe de travail en psychanalyse c’est un lieu où on part d’une question et où on ressort avec d’autres questions ! Comme Christophe Colomb qui voulait arriver en Inde et qui s’est retrouvé en Amérique, ce qui peut être aussi la définition d’une cure analytique, l’important c’est qu’il y ait vraiment une traversée, c’est-à-dire qu’on n’ait pas fait du sur place et pour faire une traversée, comme Christophe Colomb, il faut prendre le risque d’avancer dans le brouillard et c’est ce que je vous propose cette année, c’est une avancée dans le brouillard paternel !

Conférence de Jean-Luc Cacciali  le 23/ 01/ 2014 dans le cycle de l'ntroduction à la Psychanalyse 2013 - 2014

(…) le rêve, celui que Freud nomme « Le rêve de l’enfant qui brûle » se trouve dans la Traumdeutung, La science des rêves. Je vous parlerai aussi de l’impossible, l’impossible que Lacan nomme le Réel, et nous verrons pourquoi la psychanalyse met au centre de sa pratique le Réel, donc l’impossible. Je vous parlerai aussi de la filiation.

Conférence de Pierre AREL le 20/03/14 dans le cycle de l’introduction à la Psychanalyse 2013-2014

Pour parler de l’inconscient, je vais partir de la question de la place que nous accordons à l’inconscient dans notre social aujourd’hui. En effet, plus d’un siècle après la découverte de Freud, quel rapport entretenons-nous avec ce qui s’est avéré non pas seulement être un savoir, mais un savoir qui nous est à la fois le plus intime et le plus social qui soit ? Il est même, ce savoir, à l’interface de l’intime et du social, ce que je vais m’efforcer de vous faire entendre avec cet exposé.

Conférence de Christine Gintz le 22/05/14 dans le cycle de l’introduction à la Psychanalyse 2013-2014

J’ai choisi de vous parler ce soir du texte de FREUD intitulé « Souvenirs d’enfance et souvenirs écrans ».
Dès 1899, FREUD a démontré dans un article la nature tendancieuse de nos souvenirs d’enfance.
Qu’est-ce qu’un souvenir ? Qu’est-ce que l’oubli ? Qu’est-ce que la mémoire ? Ce texte  vient nous interroger sur ces questions qui demeurent vives de nos jours.

Conférence d’Anne-Marie Dransart le 20/02/14 dans le cycle de l’introduction à la Psychanalyse 2013-2014

Ce travail que je vous propose aujourd’hui s’intitule :
 « L’oubli, une formation de l’inconscient trop souvent mésestimée ».
« Mésestimé », pourquoi ? Pourquoi l’oubli serait-il une formation, l’oubli de noms propres, l’oubli de mots, pourquoi cet oubli serait-il une formation de l’inconscient  mésestimée?
Eh bien d’abord parce qu’habituellement lorsque nous oublions un nom ou un mot nous l’avons au bout de la langue, comme on dit. En général ce mot au bout de la langue survient dans un contexte extrêmement banal, banalement quotidien, et ça n’attire pas l’attention, ça ne nous paraît pas être quelque chose de particulièrement révélateur comme pourrait l’être le lapsus ou le mot d’esprit ou parfois l’acte manqué.

... parler des difficultés hommes-femmes ou femmes-hommes, n'est certainement pas une question inutile aujourd'hui. La question est moderne, car cela ne s'est jamais posé en ces termes-là dans notre histoire même depuis la Révolution, même depuis Olympe de Gouge, etc. C'est une question qui s'est ouverte avec un certain progrès social, on va dire général, des relations hommes-femmes dans notre ère culturelle et qui a commencé, comme vous le savez, au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, nous nous heurtons encore à une forme d'obscurantisme, puisque nous sommes tous des enfants de la Révolution de 89, et dès lors nous vivons désormais en France au moins, sous le principe de liberté, égalité, fraternité. Ce principe-là ne nous rend pas forcément spécialement intelligent et ne nous aide pas beaucoup pour la relation hommes-femmes. Vous voyez que cette question que soulèvent nos amis de Lyon est tout à fait importante puisqu'elle découle, comme souvent dans notre pratique, de notre ignorance. En général quand on lance une question c'est qu'on aimerait s'éclairer soi-même sur la chose, ce qui est tout à fait bienvenu.

Introduction aux journées sur l'anamnèse du 9 juin 2012

...il va nous permettre d'aborder ce qui est en jeu dans les premières rencontres avec l'enfant, l'adolescent, les parents, que ce soit en institution ou en cabinet.

Ces premiers entretiens, ou entretiens préliminaires sont, dans le cadre de la psychanalyse de l'enfant, très spécifiques, je l'aborderai. Notons que ces entretiens préliminaires restent quelquefois les seuls entretiens. Il y a toujours, avec l'enfant, une certaine urgence.

nous allons donc aborder l'angoisse ensemble avec déjà une remarque clinique essentielle, à savoir que celui qui l'éprouve ne peut rien en dire ! Donc déjà, parler de l'angoisse, on rencontre un impossible. On ne peut qu'en décrire ce que nous en ressentons, éprouvés très variables d'une personne à l'autre voire même d'une fois à l'autre : tachycardie, gorge ou estomac noués, pouvant aller à la paralysie totale, sensations d'étouffement, de mort imminente..., etc. Premier point : on ne peut rien en dire si ce n'est que d'en décrire les éprouvés, l'angoisse ne va donc pas sans le corps.

La politique de l'état voudrait aujourd'hui qu'anorexie, boulimie, toxicomanie, alcoolisme, tabagisme, se confondent toutes dans une dénomination commune : l'addiction ; il est même question aujourd'hui, d'addiction sans produit. Ces changements sont en lien avec ce qui se passe dans le social, les manifestations symptomatiques ont une grande adaptabilité au moment et au contexte que nous vivons.

Exposé fait à Milan, Casa della Cultura, le 2 mars 2013, dans le cadre du séminaire d’initiation à la clinique de Marisa Fiumano

...mon projet de vous parler de cette question fondamentale, celle de l'enjeu d'une cure analytique, cette conversion de la demande au désir, parce qu'une analyse c'est cela, permettre qu'à l'issue d'un parcours plus ou moins long, un sujet puisse désirer en tant qu'homme ou en tant que femme. Affirmer que la finalité d'une cure de dix, quinze ans c'est de permettre à un sujet de sortir de l'égarement et d'assumer son désir, voilà qui peut aujourd'hui sembler anachronique dans un monde ou le désir appartient au discours de la volonté, celui d'un sujet transparent à lui même.

pdfDe la demande au désir, l’enjeu d’une cure analytique

INITIATION À LA CLINIQUE PSYCHANALYTIQUE du jeudi 15 mars 2012

Sexe, sexualité, sexuation, c'est l'objet par excellence de la psychanalyse, avec lequel Freud a bâti sa théorie, et Lacan s'appuie sur ces fondations, pour l'enrichir du côté de la question féminine, ce dont je vais plus particulièrement parler. Cette question du sexuel (Ch. Melman la reprend souvent dans ses travaux) et la question féminine en particulier, implique certainement plus le sujet qui s'engage à parler, c'est de cette manière que je conçois mon travail. J'ai choisi un biais, un biais susceptible j'espère, de rendre compte de l'importance du sexuel dans la vie du sujet.

pdfSexe-Sexualite-Sexuation

Exposé le 27 novembre 2012 à Ste Tulle (04) dans le cadre de « l'initiation à la clinique psychanalytique »

La cure analytique est une expérience de parole, une ou plusieurs fois par semaine un sujet vient dire, parler à une personne dont il sait souvent peu de chose, si ce n'est qu'elle est en mesure d'accueillir cette parole. Il vient parler sans savoir si ce qu'il va dire va produire une parole, un acquiescement ou une autre forme de réponse qu'on appelle silence.

En quoi cette expérience-là diffère-t-elle d'un échange social, d'une confidence ou d'une confession ? En quoi l'introspection ne produirait-elle pas le même effet ? Parler soulage dit-on, et les psychologues employés dans les hôpitaux sont recrutés en partie pour cette raison. Mais si les premières rencontres avec un analyste témoignent de cet effet d'allégement de la parole, une analyse n'est-ce que cela ? En quoi le dispositif analytique et la place de l'analyste vont pouvoir produire autre chose ?

Si nos maîtres nous ont enseigné « que le médecin est avant tout le premier médicament du malade », les protocoles institués actuellement et recommandés par les Hautes Instances Médicales ne tueraient-ils pas dans l'œuf cette assertion et, par la même occasion, notre inventivité dans notre relation au patient transformé depuis peu en « usager » ? Si d'aucuns se gausseront de notre propos qui ferait alors référence au fameux « être du médecin » plutôt qu'à son « faire » et qui serait dans le domaine de l'analyse référé au « moi fort » du psychanalyste, que ceux-là se détrompent car pour nous cet « être » n'est que « désêtre » selon l'expression de Lacan, désir inconscient du sujet, causé par un objet perdu et animé par un fantasme. Malgré tout, cette relation médecin-malade sera privilégiée pour nous car n'est-ce pas en son sein qu'une inventivité est possible ?

À une journée de travail à Nantes, Charles Melman évoquait un passage du séminaire Les non-dupes errent qui n'avait pas été repris au moment de son étude et dans lequel Lacan évoque la différence des sexes dans le nœud borroméen.
Dans les leçons du 14 et 21 mai Lacan se demande ce qui pourrait faire surgir une différenciation dans le nœud borroméen puisque le Réel, le Symbolique et l'Imaginaire sont équivalents. Il répond avec l'orientation, que du seul fait de la manipulation du nœud il surgit une distinction qui est de l'ordre de l'orientation. Le nœud peut-être dextrogyre ou lévogyre, le passage de l'un à l'autre pouvant se faire par transformation.